Castlemartin, Pays de Galles — Dans un élan de créativité tactique, l’armée britannique a une nouvelle fois prouvé que son plus grand adversaire n’était pas la Russie, mais bien… elle-même. Lors d’un exercice censé préparer les troupes à affronter les menaces extérieures, un char Challenger 2 a failli devenir la star d’un remake de « Tir ami : la série ».
Le scénario : un classique revisité
Alors que le Royal Tank Regiment et le Royal Welsh Regiment s’entraînaient avec la ferveur d’un groupe de scouts en week-end survie, un véhicule de combat d’infanterie MCV-80 Warrior a décidé de jouer les trouble-fêtes. Armé d’un canon de 30 mm et d’une mitrailleuse (parce qu’un seul jouet, c’est trop simple), l’équipage du Warrior a repéré une cible suspecte à 500 mètres. Ni une, ni deux, ils ont ouvert le feu, convaincus d’avoir affaire à un ennemi. Spoiler : c’était un Challenger 2, un char britannique, donc techniquement un collègue de bureau.
Le Warrior, dans un excès de zèle digne d’un stagiaire le premier jour, a vidé deux chargettes de munitions inertes sur le pauvre Challenger. Résultat ? Cinq impacts, zéro dégât, et une équipe de communication du ministère de la Défense (MoD) en sueur pour trouver une formule du genre « Tout va bien, circulez ».
La réaction des autorités : « C’est normal, ça arrive »
Le MoD a tenu à rassurer l’opinion publique : « Personne n’a été blessé, et le Challenger a déjà repris l’entraînement. » Traduction : « On a failli transformer un char de 60 tonnes en passoire, mais bon, on va dire que c’est une feature, pas un bug. »
Pour enfoncer le clou, le colonel Hamish de Bretton-Gordon, ancien de la maison, a déclaré : « En 23 ans de carrière, mon char a été touché plus souvent que mon ego après une soirée arrosée. » Un aveu qui en dit long sur la tradition britannique du « tir ami », une spécialité locale presque aussi célèbre que le thé à 17h.
Les chiffres qui dérangent (ou pas)
Selon des statistiques récentes, 5 % des décès dans les forces armées britanniques depuis 25 ans sont survenus… pendant des exercices. Un record qui prouve que l’armée britannique excelle dans l’art de se battre contre elle-même. « On minimise les risques », assure-t-on. « Minimiser », dans ce contexte, semble être un euphémisme pour « on croise les doigts et on prie ».
Et maintenant ?
Une enquête a été lancée. Suspense : va-t-on découvrir que le Warrior a confondu le Challenger avec un bus scolaire ? Ou que l’équipage avait simplement oublié ses lunettes ? Une chose est sûre : si l’OTAN organise un jour une compétition de « tir ami », le Royaume-Uni a déjà une longueur d’avance.

