Dans un élan de transparence aussi cynique que rafraîchissant, McRonald’s a décidé de régler une fois pour toutes la question de sa responsabilité dans l’obésité. La solution ? Le « Menu Dernière Chance » : un repas géant offert à vie (ou du moins, jusqu’à ce que votre cœur lâche), en échange d’une signature sur un document libérant la marque « de toute culpabilité, passée, présente ou future, y compris devant Saint-Pierre ».
Un geste « humaniste » (et juridiquement imparable) « Nous avons écouté nos critiques, et nous assumons : oui, nos frites sont addictives, nos milkshakes sont des bombes calorifiques, et nos nuggets défient les lois de la nutrition, explique le PDG dans un communiqué. Mais de là à nous rendre seuls responsables de votre tour de taille, il y a un pas que nous refusons de franchir. » Désormais, les clients dont l’IMC dépasse un certain seuil (secret médical, mais « vous savez de qui on parle ») se voient proposer un contrat simple :
- Un menu XXXXL gratuit à volonté (Big Mac, large frites, Coca « parce que l’eau, c’est triste », et une part de tarte « pour le moral ») ;
- En contrepartie, une décharge stipulant que « le signataire reconnaît solennellement que son surpoids relève de choix personnels, génétiques, métaphysiques, ou météo-dépendants (ex. : « j’ai mangé ce bucket de poulet parce qu’il pleuvait »), mais en aucun cas de la taille des portions ».
« C’est un pacte gagnant-gagnant, poursuit le communiqué. Vous mangez, nous, on dort sur nos deux oreilles. Littéralement. »
Les petites lignes qui donnent à réfléchir (ou pas)
Le contrat, rédigé en caractères gras et accompagnés d’un dessin de clown souriant, précise que : « Le client renonce à poursuivre McRonald’s, mais aussi ses fournisseurs, ses franchisés, ses employés, et Ronald McRonald lui-même, y compris en cas de découverte future d’un lien entre nos produits et, disons… la fin des temps. » Un avocat spécialisé en droit de la consommation salue « une manœuvre audacieuse » : « Ils transforment un problème de santé publique en opération marketing. C’est presque admirable. »
Un succès inattendu
Les premières signatures affluent. « Au moins, là, c’est clair : ils nous tuent, mais ils nous le disent », confie un client régulier, stylo à la main. « Et puis, franchement, qui a envie de faire un procès en salade ? » Les associations de consommateurs crient au scandale, mais les files d’attente aux caisses s’allongent. « On a même des demandes de gens minces qui veulent signer par solidarité, ou par anticipation », révèle une employée.
Prochaine étape : un « menu héritage » pour les familles des signataires, « parce que les bonnes habitudes, ça se transmet ».
McRonald’s conclut : « Nous ne sommes pas des anges. Mais nous ne sommes pas non plus votre conscience. » —— ni votre cardiologue, d’ailleurs.

