Les pompes funèbres ont enfin compris que la mort n’était pas une raison pour négliger son image. Après les cercueils en bois FSC et les urnes biodégradables, voici venu le temps des funérailles écolo-chic : un savant mélange de culpabilité écologique et de distinction sociale, pour ceux qui veulent sauver la planète… sans renoncer au prestige.
Le nouveau forfait « Dernier Souffle Responsable™ », proposé par plusieurs enseignes, promet un « impact carbone réduit, mais un impact social intact ». Au programme : un cercueil en carton 100 % recyclé (certifié « zéro déforestation, zéro remords »), une sépulture sans produits chimiques (« parce que les vers de terre aussi méritent un environnement sain »), et surtout… une poignée dorée à 24 carats. « Un détail qui fait toute la différence », assure un conseiller funéraire. *« Nos clients veulent partir en laissant une trace légère sur la Terre, mais une trace tout de même. »
Les options ne manquent pas pour personnaliser son départ :
- L’inhumation « slow » : décomposition naturelle, mais avec un GPS intégré pour que les proches puissent suivre l’évolution du processus sur une appli dédiée (« Votre être cher est maintenant à 67 % composté »).
- La crémation « bas carbone » : réalisée avec des énergies renouvelables, mais avec une dispersion des cendres en montgolfière (« parce que partir en fumée, c’est bien… mais partir en fumée avec style, c’est mieux »).
- La pierre tombale en pierre reconstituée : « Moins de granit pillé, mais toujours aussi instagrammable », précise un catalogue.
Les tarifs, eux, restent fidèle à la tradition : « Un supplément de 15 % pour la poignée en or, et 20 % de plus si vous voulez que le corbillard soit électrique… mais silencieux, pour ne pas déranger le voisinage. »
Interrogé, un thanatopracteur parisien avoue : « Au début, on proposait des cercueils en osier tressé. Mais les familles nous disaient : « C’est bien joli, mais on dirait un panier à chat. » Alors on a ajouté des finitions luxe. Parce que même dans l’au-delà, il y a des codes à respecter. »
Les associations écologistes saluent « une avancée », tout en regrettant « l’hypocrisie d’un marché qui vend du rêve vert… à prix d’or ». Quant aux premiers clients, ils sont ravis : « Moi, je veux un enterrement sobre, mais pas trop. Après tout, c’est mon dernier événement social », confie une retraitée du 16e arrondissement.
Prochaine innovation annoncée : des concessions « neutres en carbone »… à condition d’acheter des crédits-carbone pour les 50 prochaines années. « La mort, c’est déjà assez triste comme ça, autant en profiter pour faire un geste pour la planète… et pour son image », conclut un responsable marketing.
La preuve que même au cimetière, le bio et le bling peuvent faire bon ménage.

