Dans un élan de solidarité aussi inattendu qu’opportuniste, les grandes surfaces françaises ont décidé de se diversifier dans l’accompagnement des transitions professionnelles. Après les kits « rentrée scolaire » et les coffrets « apéro entre amis », Carrefour, en partenariat avec Pôle Emploi, lance son tout nouveau pack « Survie post-licenciement : parce que le moral, ça se booste aussi en promo ». Une initiative qui prouve, s’il en était encore besoin, que le capitalisme a toujours une longueur d’avance sur vos états d’âme.
Disponible en rayon « Déprime & Déstockage » (juste à côté des surgelés et des produits dont la date limite approche), ce coffret malin se veut « la solution clé en main pour traverser sereinement la tempête sociale ». Voici ce qu’il contient, selon les visuels fuités par un employé en CDD :
- 5 kg de nouilles « L’Instant Réconfort » : parce qu’un licenciement, ça se noie dans les glucides. Le sachet précise « à consommer de préférence avant la fin de vos droits » ;
- une boîte d’antidépresseurs génériques (marque distributeur, bien sûr) : « Efficacité cliniquement prouvée pour relativiser les mails de refus » ;
- un guide « Comment rebondir (ou faire semblant) » : 200 pages de conseils inspirants, comme « transformez votre chômage en opportunité… de trier votre placard » ou « le bénévolat : une expérience professionnelle comme une autre (enfin, presque) » ;
- un CV pré-rempli avec des compétences universelles (« maîtrise des réseaux sociaux (principalement pour stalker ses ex-collègues) », « résistance au stress (testée en open space) ») ;
- un bon de réduction pour un abonnement à une plateforme de streaming : « Parce qu’il faut bien occuper les 35 heures hebdomadaires que vous n’avez plus » ;
- un sachet de graines à faire pousser : « Symbolisez votre renaissance… ou comblez le vide de votre frigo ».
Interrogé, un porte-parole de Carrefour a souligné que « ce pack s’inscrit dans une démarche RSE [Responsabilité Sociétale des Entreprises] proactive, en anticipant les besoins des consommateurs avant même qu’ils ne soient virés ». Pôle Emploi, de son côté, salue « une collaboration gagnant-gagnant : nous, on désengorge nos files d’attente, eux, ils vendent des nouilles ».
Les syndicats, eux, sont partagés : certains y voient une « provocation de plus », d’autres une « aubaine pour les fins de mois difficiles ». Quant aux clients, ils sont déjà nombreux à réclamer une version premium avec « un cours de méditation en ligne et un tutoriel pour expliquer à sa famille que non, ce n’est pas des vacances ».
Le pack sera disponible en trois tailles : « Licenciement économique » (version basique), « Burn-out » (avec bougies parfumées et infusions « Détente forcée ») et « Reconversion dans la poterie » (livré avec un bloc d’argile et un flyer pour des ateliers DIY). À noter : les chèques-cadeaux offerts par votre ancien employeur ne sont pas acceptés. « On a nos limites », précise Carrefour.
Reste une question : et si le vrai coup de génie, c’était de faire payer aux salariés le kit qui leur permettra de survivre… à leur propre licenciement ? Le progrès, quoi.

