Tout commence par un matin brumeux à Bobigny, où Popeye, en train de bêcher ses pieds de tomates, tombe sur des colis suspects abandonnés près du compost. « Encore un paquet d’Amazon qui traîne », grogne-t-il, avant de l’ouvrir : 5 kg de cannabis haut de gamme, emballés dans un sac Lidl (promo de 2019). « C’est pas du terreau, ça », constate Sarah, ex-caissière rompue aux inventaires surprise. Ni une, ni deux, Sarah, experte en économies de guerre, propose de revendre le stock pour financer leur voyage en croisière sur le Rhône.
Leur stratégie ? Un réseau de distribution aussi discret qu’un déambulateur dans un couloir d’Ehpad :
- Les livraisons se font via des caddies de supermarché (Sarah a gardé ses clés du Carrefour de la zone).
- Les points de vente : des parties de belote où les « atouts » désignent en réalité des doses.
- Les paiements : en tickets restaurant — « Intraçable, comme les souvenirs de la guerre », précise Popeye.
Leur signature ? Des sachets estampillés « Spécialité du Jardin de Mamie – Cultivé sans OGM (et sans questions) », accompagnés d’un cookie maison. « On ne vend pas de la drogue, on partage des recettes de bonheur », explique Sarah aux clients, tout en leur glissant un prospectus pour leur « club de lecture » (en réalité, un point de vente déguisé).
L’essor (et les déambulateurs)
Le business prend de l’ampleur quand Popeye, , se met à surveiller le jardin du voisin, M. Dubois. Ce dernier, excédé par les « allers-retours suspects » et les « odeurs de plante qui pue », finit par porter plainte pour « « . Qu’à cela ne tienne : Popeye, plutôt que de se fâcher, recrute Gérard, 78 ans, ancien comptable véreux et cousin éloigné. « Un homme avec sa carrure, ça impressionne les jeunes qui traînent près des poubelles », justifie-t-il. Gérard, ravi de sortir de sa retraite morose, devient leur « « — et accessoirement leur homme de main pour « négocier » avec les voisins récalcitrants.
Ensemble, ils montent une « association de jardinage solidaire », « « , qui leur permet :
- D’obtenir des parcelles communales pour « cultiver des légumes bio » (en réalité, des plants de cannabis soigneusement espacés entre les courgettes).
- D’organiser des ateliers « bouturage » pour conditionner les commandes sous couvert de « rempotage créatif ».
- De blanchir l’argent via des « dons » pour des « projets écologiques » (un potager, trois serres, et un local transformé en « espace détente » où les déambulateurs servent à transporter les marchandises).
Le chef-d’œuvre : le potager communautaire de La Courneuve Leur coup de génie ? Transformer les jardins partagés du 93 en champs de culture, avec la complicité des résidents. Les tomates anciennes cachent des plants de « « , et les ateliers « compostage » servent à mélanger les billets avec les épluchures. « Personne ne fouille un vieux qui sent la soupe », résume Popeye.
Mais c’est Sarah qui a le vrai coup de génie. Lors de sa pour ses « douleurs articulaires », elle glisse innocemment : « Vous savez, docteur, j’ai un petit stock de tisanes très efficaces… des recettes de famille, à base de plantes locales. Ça soulage mieux que les cachets, et sans effets secondaires. Si jamais vous avez des patients qui se plaignent des prix en pharmacie… » Le médecin, submergé par les demandes de « quelque chose de naturel », comprend vite l’allusion. Ni une ni deux, il se met à « recommander » les « infusions spéciales de Mamie Sarah » à ses patients les plus âgés — « pour compléter le traitement, bien sûr ». Les pharmacies du 93, surtout celles avec un , deviennent des points de chute idéaux : les sachets « Detente & Souvenirs » (20€ pièce, « le prix d’une bonne bouteille de vin… mais ça dure plus longtemps ») se vendent comme des petits pains entre les huiles essentielles et les bas de contention.
La chute
L’arrestation a lieu un jeudi, jour de marché. Les gendarmes ne trouvent rien… sauf 200 pots de confiture remplis de billets, étiquetés « Pour Noël 2026 (si on est encore là) ». Interrogés, les deux octogénaires restent zen : « On a juste arrangé nos fins de mois », déclare Sarah, tandis que Popeye propose aux policiers un « échantillon gratuit pour leurs lombalgies ».
Épilogue (et rebond) Condamnés à du travail d’intérêt général, ils animent désormais des ateliers « Jardinage et bien-être » dans les collèges du 93. Leur dernier projet ? Un livre de recettes : « Du potager au pot : 50 ans de combines culinaires ».

