Ce devait être l’événement sportif de l’année à Villeneuve-les-Pédales : la traditionnelle course cycliste, attendue comme le Tour de France en miniature (ou presque). Les organisateurs avaient tout prévu : les dossards, les ravitaillements, les encouragements des villageois… et surtout, la buvette.
Sauf que cette année, le départ a été marqué par une absence remarquée : celle des coureurs. Après une heure de recherches, les organisateurs, perplexes, ont fini par les retrouver… attablés à la buvette, en pleine discussion sur le dosage idéal du pastis.
« On voulait carburer, mais pas forcément à l’eau minérale », a expliqué Gérard, coureur chevronné et amateur de 51. « Un bon apéro, c’est comme un bon sprint : ça se prépare. »
La stratégie de course revisitée
Les organisateurs, d’abord incrédules, ont vite compris : la course avait déjà commencé… mais pas celle qu’ils imaginaient. Les coureurs, au lieu de pédaler, avaient opté pour une épreuve d’endurance gastronomique.
« C’est une question de priorités », a justifié Jean-Mi, un autre participant, un verre à la main. « On ne peut pas rouler l’estomac vide. Et puis, le pastis, c’est un carburant local. C’est du terroir. »
Certains ont même tenté de négocier : « Si on nous laisse finir notre verre, on part en contre-la-montre. » Las, les organisateurs, soucieux de la sécurité (et de leur responsabilité), ont dû annuler l’épreuve.
La municipalité réagit : vers un « test anti-apéro » ?
Face à ce contretemps, la mairie a promis un nouveau règlement pour l’an prochain :
- « Départ interdit sans test anti-apéro. »
- « Ravitaillement en eau uniquement avant le départ. »
- « Tout coureur surpris à la buvette avant la ligne d’arrivée sera disqualifié… ou invité à rejoindre les spectateurs. »
« C’est une question de fair-play », a déclaré le maire, Maurice Delarue, lui-même ancien coureur reconverti dans la dégustation de vin. « Mais bon, on est en France. On va peut-être ajouter une épreuve apéro-vélo en parallèle. »
L’avis des experts
Interrogé, un médecin du sport a rappelé que « l’alcool et le vélo ne font pas bon ménage, sauf si on parle de vélo d’appartement… ou de vélo-cargo pour livrer des bouteilles. »
Un ancien champion local, lui, a tempéré : « À Villeneuve, on a toujours roulé à l’instinct. Et parfois, l’instinct dit : un petit jaune avant de partir. »
Épilogue : une course, deux philosophies
Finalement, cette annulation pose une question existentielle : faut-il courir pour boire, ou boire pour courir ? À Villeneuve-les-Pédales, la réponse semble claire : « Pourquoi choisir ? »
L’an prochain, la course aura peut-être lieu. Ou pas. Mais une chose est sûre : la buvette, elle, ne fermera pas. « C’est ça, l’esprit sportif », résume Gérard en commandant une nouvelle tournée. « Santé ! » (Ou « À vos marques… prêts… trinquez ! »)

