Depuis trois mois, Karim Benali, 34 ans, développeur à Créteil, a développé une habitude surprenante : il lève le pouce pour « liker » tout ce qu’il apprécie dans la rue. Une démarche qu’il revendique comme un retour aux interactions humaines authentiques.
L’origine du geste
« J’ai réalisé que je likais 200 photos par jour sur Instagram, mais que je ne montrais jamais mon appréciation dans la vraie vie », explique Karim. Le déclic s’est produit en croisant un street-artiste talentueux : « J’ai eu le réflexe de chercher le bouton like. Alors j’ai levé le pouce. »
Un quotidien rythmé par les pouces
Karim like désormais tout : une façade rénovée (pouce levé), un chien bien dressé (pouce levé), une coiffure originale (pouce levé vers la personne concernée). « En moyenne, je distribue 80 likes physiques par jour », calcule-t-il.
Réactions mitigées
Les réactions varient : sourires amusés, regards perplexes, parfois hostilité. « Une dame m’a crié dessus, pensant que je me moquais. J’ai dû expliquer ma démarche. »
Marie, 28 ans, l’a croisé : « Au début, j’ai cru qu’il était fou. Puis j’ai trouvé ça rafraîchissant. Il m’a liké mon sac à main vintage. »
Évolution du concept
Karim a créé un système de notation : pouce simple (like), double pouce (super like), pouce avec hochement de tête (like + partage mental). « J’envisage le système de commentaires vocaux : ‘J’aime beaucoup votre jardinage, madame !' »
Impact social
Certains commerçants le reconnaissent et apprécient ses encouragements quotidiens. « Il m’a liké ma vitrine trois fois cette semaine. Ça fait plaisir », témoigne Pascal, boulanger.
Philosophie du like réel
« Les réseaux sociaux ont créé une addiction à la validation. Je veux ramener cette bienveillance dans le monde physique », justifie Karim. Il observe que ses likes spontanés génèrent plus de joie que ses likes numériques.
Contagion positive
Deux voisins ont adopté sa pratique. « On forme un petit réseau de like physique. C’est plus humain que TikTok », sourit Karim.
Limites du système
Karim reconnaît certaines contraintes : « Je ne like pas les gens qui mangent dans le métro ou qui ne ramassent pas leurs déjections canines. Il faut des standards. »
Projet d’expansion
Il envisage une application géolocalisée : « Like Street », permettant de voir les objets/lieux les plus likés physiquement par quartier. « Révolutionner l’interaction urbaine », ambitionne-t-il.
La démarche de Karim interroge notre rapport à l’appréciation et à l’expression publique de nos goûts dans l’espace urbain. Une forme de résistance poétique à la dématérialisation des émotions.

