Un PDG révolutionnaire propose de remplacer les salaires par de la « visibilité LinkedIn »

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Paris, le 20 octobre 2025 — Dans une décision qualifiée de « révolutionnaire » par ses proches et de « délirante » par ses employés, Thierry Dubonnet, PDG de la start-up NeoWork Solutions (spécialisée dans les « solutions disruptives pour le futur du travail »), a annoncé ce matin le lancement d’un nouveau modèle de rémunération : 100 % de la paie versée en « visibilité LinkedIn ». Une première mondiale qui promet de « bouleverser le marché du travail »… ou de faire exploser les syndicats.


« On vous paie en likes, pas en euros : c’est l’avenir ! »

Lors d’une réunion houleuse (et diffusée en direct sur LinkedIn, bien sûr), Thierry Dubonnet a présenté son plan génial :

« À partir du 1er novembre, vos salaires seront remplacés par des ‘Boosts Premium’ sur vos profils LinkedIn. Chaque heure travaillée = 1 recommandation de votre N+1, 1 like sur vos posts, et 1 partage de votre dernier article sur ‘Les 5 compétences qui feront de vous un leader en 2026’. Franchement, qu’est-ce qui est le plus utile ? 1 500 € sur votre compte, ou 1 500 vues sur votre post ‘Mon parcours inspirant chez NeoWork’ ? La réponse est évidente. »

Pour justifier cette décision, le PDG a sorti un PowerPoint de 47 slides (disponible en story LinkedIn) expliquant que :

  • L’argent, « c’est ringard » : « Avec l’inflation, 2 000 €, ça ne paie même plus un loyer à Paris. Alors qu’un profil LinkedIn bien optimisé, ça ouvre des portes ! Surtout quand on vous licencie trois mois plus tard. »
  • Un avantage fiscal énorme : « Plus de charges sociales, plus d’impôts, et en plus, vous évitez les frais bancaires. Tout le monde y gagne ! » (sauf le fisc, mais « on verra ça plus tard »).
  • Un CV dopé aux stéroïdes : « Quand on vous vire, vous aurez déjà 50 recommandations et 3 recos de moi en personne. Les recruteurs adorent ça ! »

Comment ça marche ? (Spoiler : mal)

Ancien système (obsolète) Nouveau système (révolutionnaire)
1 800 € net/mois 1 « Badges Top Voice » LinkedIn/mois
13e mois 1 mention dans mon post « Merci à mon équipe incroyable ! »
Tickets resto 1 commentaire « 👏🔥 » sous vos posts
Mutuelle 1 invitation à mon webinar « Comment monétiser son réseau »
Prime de Noël 1 partage de votre photo de profil avec le hashtag #TeamNeoWork

Exemple concret :

  • Jean-Michel, développeur chez NeoWork, touchait 2 200 € brut. Désormais, il recevra :
    • 5 likes/jour de son manager.
    • 1 recommandation/mois (« Jean-Michel est un collaborateur proactif et agile, même quand on lui supprime son salaire« ).
    • 1 mention dans la newsletter interne (« Un grand merci à Jean-Michel pour son engagement !« ).
    • L’accès gratuit au frigo de la salle de pause (quand il y a des croissants).

« C’est génial, non ? », s’enthousiasme Dubonnet. « Jean-Michel va devenir une star du networking ! En plus, avec la crise, les recruteurs regardent plus LinkedIn que les comptes en banque. »


Les employés réjouis (ou pas)

Les réactions ont été… mitigées :

  • Sophie, 28 ans, cheffe de projet : « J’ai un loyer, des factures, et un chat à nourrir. Est-ce que je peux payer mon vet’ en ‘connexions de niveau 1’ ? »Réponse de la RH : « Non, mais tu peux lui créer un profil LinkedIn et lui trouver un stage ! »
  • Karim, 35 ans, commercial : « Moi, ce que je veux, c’est de l’argent. Pas un badge ‘Expert en résilience’. »Réponse de Dubonnet : « Karim, tu manques de vision. L’argent, c’est du court terme. La visibilité, c’est un investissement pour ta carrière ! D’ailleurs, je t’ai déjà tagué dans un post sur ‘L’importance de l’adaptabilité’. »
  • Marc, 42 ans, en CDI depuis 10 ans : * »… (quitte la réunion en silence, puis poste un meme « This Is Fine » en story)

Les avantages (selon la direction)

  1. Plus de licenciements compliqués : « Avec ce système, on peut virer qui on veut ! Ils auront déjà un profil ultra-optimisé pour rebondir. C’est du gagnant-gagnant ! » explique la DRH, Cécile Morvan, dont le titre LinkedIn est « Chief Happiness & Disruption Officer ».
  2. Une équipe ultra-motivée : « Ils passeront leur temps à liker nos posts au lieu de râler pour des augmentations. Le taux d’engagement va exploser ! »
  3. Un turnover assumé : « De toute façon, avec les plans sociaux tous les trimestres, autant leur donner les outils pour rebondir. On est une entreprise responsable. »

Les syndicats montent au créneau (mais en vain)

La CGT a réagi en qualifiant cette mesure de « capitalisme pur et dur, mais en pire ». Leur porte-parole, Éric Lefort, a déclaré :

« Payer en visibilité, c’est comme payer en monnaie de singe, sauf que les singes, au moins, ils ont des bananes. Là, vous offrez des clics. C’est indigne ! »

La réponse de NeoWork ? « On leur propose une formation gratuite : ‘Comment transformer vos compétences en contenu viral’. Franchement, on ne peut pas faire plus généreux. »


Et si on refuse ?

D’après les nouvelles clauses du contrat (envoyées par mail à 23h un vendredi) :

  • « Non à la visibilité ? Non à l’emploi. »
  • Les employés réticents seront automatiquement inscrits au programme « Ambassadeurs NeoWork » et devront poster 3 stories/semaine sur « la chance qu’ils ont de travailler ici ».

« C’est ça ou la porte », résume Dubonnet. « Mais rassurez-vous, on vous fera une super reco sur LinkedIn pour votre prochain entretien ! »


Premiers retours du terrain

Après une semaine de test, les résultats sont sans appel :

  • 80 % des employés ont mis à jour leur profil LinkedIn avec des mots-clés comme « #OpenToWork » et « #RechercheOpportunités ».
  • 15 % ont commencé à vendre des formations « Comment survivre sans salaire » sur Udemy.
  • 5 % ont démissionné, mais NeoWork leur a offert un template de lettre de démission « positive » à partager en post.

Exemple de post LinkedIn d’un employé : « Après 3 ans chez NeoWork, je pars vers de nouveaux défis ! 🚀 Merci à Thierry pour cette expérience unique qui m’a appris à monétiser mon désespoir. #GrowthMindset #Resilience #OpenToWork (urgent) »


Et demain ?

Thierry Dubonnet prévoit déjà d’étendre le concept :

  • Payer les stagiaires en « abonnés Instagram ».
  • Remplacer les primes par des « features » dans des podcasts RH.
  • Lancer une crypto-monnaie interne : le « LikeCoin » (1 LikeCoin = 0,0001 €, mais « ça peut monter ! »).

« Le travail, c’est comme les influenceurs : il faut savoir se vendre avant de vendre quoi que ce soit », conclut-il, avant de partager son propre article « Pourquoi le salaire est une notion dépassée » (12 000 vues, 47 likes, dont 32 de ses employés).


L’avis de notre expert (un mec qui a fait HEC)

« C’est audacieux, mais ça peut marcher. Dans 10 ans, personne ne sera payé en argent, juste en engagement digital. Après tout, si les influenceurs vivent de likes, pourquoi pas les salariés ? »Notre réplique : « Oui, sauf que les influenceurs, au moins, ils ont des partenariats avec des marques de shampooing. Là, vous offrez quoi ? Un like de votre PDG qui a 87 followers ? »


Épilogue : NeoWork recrute !

La start-up cherche 100 nouveaux talents pour son pôle « Expérience Employé Digital ». Salaire ? « Visibilité illimitée + 1 café par jour (si vous apportez votre tasse). »

Postulez dès maintenant en envoyant :

  • Votre CV.
  • Un screenshot de vos stats LinkedIn.
  • Une promesse de liker tous les posts de Thierry.

#NeoWork #Innovation #FutureOfWork #OnRecrute (mais pas en CDI)


Et vous, vous accepteriez d’être payé en visibilité LinkedIn ?
« Oui, si je peux mettre ‘Ex-PDG de NeoWork’ sur mon profil ! »
« Non, je préfère manger. »


PS : Cet article est une satire. (Enfin, on espère…) 😅

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