Après avoir instauré un contrôle technique tous les 24 mois pour les véhicules thermiques, l’Europe franchit une nouvelle étape : le contrôle technique du conducteur. Les députés européens ont voté une réforme imposant un renouvellement du permis tous les 15 ans, assorti d’une visite médicale obligatoire. « Une mesure de sécurité routière », assure-t-on. « Et une aubaine fiscale », glissent les observateurs, alors que l’État se frotte les mains à l’idée de prélever sa part de TVA sur des millions de visites médicales.
Un examen médical aussi rigoureux qu’un contrôle technique

Pour conserver leur précieux sésame, les automobilistes devront désormais subir :
- Un test de vision (pour s’assurer qu’ils distinguent bien les radars des panneaux de limitation).
- Un bilan cardiovasculaire (parce qu’un infarctus au volant, c’est mauvais pour la circulation).
- Un parcours de 100 mètres à cloche-pied (pour vérifier leur équilibre, et accessoirement leur capacité à éviter les trottinettes sur les trottoirs).
- Un questionnaire sur les angles morts, avec une question bonus : « Combien de fois avez-vous maudit un cycliste cette semaine ? »
« Si une voiture doit passer le contrôle technique tous les 24 mois, pourquoi pas son conducteur tous les 15 ans ? », justifie un eurodéputé. Une logique implacable, surtout quand on sait que les centres agréés pour ces visites seront… privés. « C’est une question de cohérence », ajoute-t-il, sans préciser si cette cohérence s’applique aussi aux prix.
Les grands bénéficiaires : l’État et les professionnels de santé
Avec des millions de conducteurs concernés, les gagnants sont déjà désignés :
- Les opticiens, qui vont pouvoir écouler des stocks de lunettes « spécial conduite nocturne » (même en plein jour).
- Les cardiologues, dont les carnets de rendez-vous vont se remplir plus vite que les nids-de-poule en hiver.
- L’État, qui va encaissez la TVA sur chaque examen, chaque formation obligatoire, et chaque timbre fiscal. « Une réforme vertueuse : bonne pour la sécurité, excellente pour les finances publiques », résume un haut fonctionnaire, visiblement ravi.
Les seniors, cobayes de la réforme
Les plus de 65 ans devront se soumettre à des contrôles plus fréquents. « À leur âge, il faut s’assurer qu’ils ne confondent pas la pédale de frein et celle de l’accélérateur », explique un rapport. Au programme :
- Un rappel des règles du code de la route (version 2025, avec les dernières limitations à 30 km/h).
- Un atelier « Comment ne pas bloquer un rond-point » (avec simulation de klaxons en fond sonore).
- Un test de réflexes face à un piéton surgissant d’un trottoir (ou d’une zone de rencontre, c’est selon).
« C’est pour leur sécurité », insiste-t-on. « Et accessoirement pour financer les prochaines campagnes de sensibilisation », précise un proche du dossier.
Une réforme qui sent le déjà-vu
La comparaison avec le contrôle technique des véhicules thermiques s’impose. Après avoir imposé aux automobilistes de faire vérifier leur voiture tous les 24 mois, voici venu le tour des conducteurs. « Si une voiture peut devenir trop vieille pour rouler, pourquoi pas un humain ? », s’interroge un automobiliste résigné. « Bientôt, on nous collera une pastille ‘Crit’Conducteur’ en fonction de notre âge. Rouge pour les plus de 70 ans, verte pour les jeunes permis… et orange pour ceux qui roulent au diesel. »
Et demain ? Le permis à points… de CO₂ ?
Certains redoutent que cette réforme ne soit qu’un début. « Demain, on nous fera payer une vignette en fonction de notre empreinte carbone personnelle », craint un usager. « Ou alors, il faudra justifier d’un motif impérieux pour prendre le volant. ‘Désolé, votre trajet n’est pas essentiel ? Prenez le vélo… ou le train, quand il y en a.' »
Présentée comme une avancée pour la sécurité routière, cette réforme ressemble surtout à une nouvelle manière de faire payer les automobilistes. Après les radars, les ZFE, et les péages urbains, voici le permis à durée limitée. Une chose est sûre : avec cette mesure, l’État a trouvé un moyen de transformer chaque conducteur en contribuable captif. Et les automobilistes, un nouveau sujet de conversation pour râler dans les bouchons.

